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Contes Immoraux – Partie 1 : Maison Mère

I.C.E.

Contes Immoraux – Partie 1 : Maison Mère

Contes Immoraux

Partie 1 – Maison Mère

Création 2 juillet 2017 à la documenta 14 – Kassel (Allemagne)

Partie 2 – Temple Père

Partie 3 – La Rencontre Interdite

Créations en 2019

Une performance de la Compagnie Non Nova.

Kassel/Athènes/Paris, un triangle, un trépied, des allers/retours entre surface et profondeur.

Bâtir sans fondement, faire parler les ruines, convoquer les dieux et déesses, s’apprêter pour des oracles, batailler sur le résultat, enfreindre la patine du marbre, régurgiter la peste brune, que sais-je ? 

Kassel/Athènes. Ces endroits ne sont pas les miens. Leurs langues me sont l’une et l’autre sans prise. Pourtant je ne me sens pas étrangère, mais passagère. A l’échelle d’un individu je suis une migrante confortable, du type bourgeoise bohème française. Rien, hormis mon certificat de naissance ne trahit ma migration. Je suis de celles qui se sont autorisées à perdre les pleins pouvoirs pour continuer à vivre. J’ai pris le rôle du faible alors que j’héritais des chromosomes des rois. J’ai choisi d’assumer le rôle de l’opiniâtre qui cherche à faire comprendre la nécessité de repenser le corps comme une matière meuble. Je migre d’un statut vers un autre en demandant des aménagements de peines… Dans cette nouvelle vie, j’avance au quotidien sur des pierres émergeantes, balançant d’un pas sur l’autre sans être sûre que mes appuis ne me trahissent ! 

Apprendre est moins conflictuel que désapprendre, je le sens. J’ai été forcée à coller mes gestes à mon apparence pendant une adolescence sans fin. C’est la femme que j’ai gardée secrète, qui m’a rendue adulte. Apprendre à être son sexe n’est rien, c’est juste une méthode pour caser ou savoir se caser. J’ai rompu la chaîne, j’ai repoussé la berge de mon pied, j’aime les sols mous parce qu’au moins ce n’est pas le corps qui épouse la forme mais la matière qui s’adapte au corps. Pourtant le minéral m’attire, il griffe mon épiderme et fait apparaître mon sang. Je suis pleine du sang, d’une colère contenue par la peau. Seul le sang n’a pas les mêmes frontières. Mon pays est B+, vous ne pouvez pas le lire sur mon visage, seuls les B+ savent qu’ils sont du même endroit. A Kassel/Athènes/Paris, les B+ ne se connaissent pas, ne parlent pas la même langue, mais au moins ils se savent importants les uns envers les autres. A cet endroit, l’identité est une mécanique imparable et sans mensonge.

Ce sont les maux jaillissant des peuples dépossédés qui me font écrire, ceux des corps en contradiction entre leur désir de liberté individuelle et de l’affirmation d’une société. Je cherche l’odeur qui les identifie. Je m’imprègne de la sueur du troupeau qui lutte pour rester en vie alors que les bourreaux resserrent l’enclos du pouvoir entre leurs mains !  J’ai comme vous hérité de l’histoire d’une Europe du conflit, le sang est devenu une vapeur mais comme un volcan qui refait ses réserves, un puits se remplit, silencieux. Un nouveau chaos semble se préparer, ou peut-être n’a-t-il jamais cessé de grossir…

1971, 1986, 1989, 2001, 2015. Naître, Tchernobyl, la chute du mur, Patriot Act, fin du choix démocratique en Grèce.

Le chemin de ma pensée est une jungle en réappropriation.

2016 : invitation de la documenta 14…

Le projet initial comporte trois performances, dont « Maison Mère » est la première. Les deux suivantes, dont la finalisation est projetée à l’horizon 2019, auront pour titre « Temple Père » et « La Rencontre Interdite ». Bien que le titre provisoire du projet global soit « Les Contes immoraux », il n’y aura pas de morale, encore moins de didactisme.  Les questions que soulève la proposition de la documenta 14 : « Apprendre d’Athènes », « Pour un parlement des Corps » s’entrechoquent avec les réflexions sur l’identité, le corps, la matière qui sont mes bases de recherche. Imaginer une forme pour ces deux points de chute que sont Kassel et Athènes, est un exercice de grand écart. Ce n’est pas par l’immersion dans ces cités que je vais nourrir ma base de travail, celle-ci demanderait un temps en amont bien plus long que celui dont je dispose. La lecture, la recherche, le dialogue, la plongée dans les matières, de manière empirique sont mon processus de création. Mon prisme est une série d’éléments qui oscillent entre gestes politiques, affirmation d’un corps, contradiction des éléments. En voici quelques  informations et esquisses…

Informations 

J’interprète la performance in-situ, entourée de l’équipe de Non Nova pour sa mise en œuvre. Les recherches et la construction ont été réalisées à Nantes dans notre atelier. L’ensemble des matériaux et éléments de technique scénographique seront convoyés sur les lieux de performances depuis Nantes.

 

Esquisse…

Premier Conte : La Maison-Mère – création 2017

Afin que les troupes Alliées contre l’Axe puissent engager leurs troupes sur le sol européen, la stratégie du tapis de bombes fut pour toute l’Europe occidentale un drame humain sans précédent. Des villes entières furent détruites ensevelissant leurs habitants. Mon grand-père maternel fut de ces victimes lors des bombardements de la ville de Nantes en septembre 1943. Dans mon enfance, l’image d’une bombe n’avait pas de réalité dramatique mais comme pour tout enfant, une certaine forme de fantasme. Ce n’est qu’en réalisant bien plus tard que nous n’allions pas honorer une tombe pour mon grand-père mais une fosse commune que je réalisai l’infamie de la bombe. Peut-être est-ce à ce moment-là que mon esprit percuta sur le nom du « plan Marshall » de reconstruction de l’Europe. Organiser une destruction et gérer la reconstruction suivant un modèle de maison pré-fabriquée et d’une réécriture de l’aménagement urbain.

Bâtir un village « Marshall » en carton sur mesure, comme on monte une série de tentes pour des réfugiés. Ici, juste au-dessous d’un nuage qui ne semble pas si menaçant.

Simple geste répété comme un robot. Etaler, tracer, couper, assembler, poser, puis recommencer encore. Tout semble parfait si ce n’est ce nuage qui semble s’épaissir et s’assombrir. Peut-être, un éclair, une légère brise puis enfin une série de grosses gouttes puis une pluie, voire peut-être même des trombes d’eau ! Le village Marshall s’effondre malgré l’énergie déployée pour le sauver. C’est une bouillie, mélasse dans laquelle les corps sont noyés… 

Technique : Construction de carton / installation d’un dispositif sommital de tuyaux d’eau perforés / création d’une masse nuageuse.

Second conte : Le Temple Père – création 2019

C’est suite à la visite des ruines de l’Acropole et surtout à la rocambolesque histoire de la programmation  avortée de Jan Fabre pour le Festival d’Athènes et d’Epidaure, et de la réaction des artistes grecs que m’est apparue l’idée de ce conte… A la lecture d’un quotidien, une photo nous montrait l’artiste flamand avec en fond le Parthénon, tenant le discours d’un artiste qui allait apprendre aux artistes locaux ce qu’est l’Art dramatique. De ma position d’artiste, j’ai ressenti aussitôt une fraternité avec les artistes grecs à qui l’on renvoyait une nouvelle forme de Troïka. J’imaginai alors l’éminent Fabre en commissaire européen du théâtre déclamant que les créateurs grecs n’étaient « bons » qu’à développer la valeur touristique des ruines et qu’ils ne savaient pas faire du théâtre !!! Si j’étais une artiste grecque, sûr que je n’aurais rêvé que de lui proposer un spectacle des plus dramatiques en dynamitant l’Acropole !

La performance s’articulera autour d’un dispositif mettant en scène un temple réplique en stuc et plâtre fragilisé par une tempête provoquée par des ventilateurs. Ce temple en pleine érosion sous les bourrasques est l’abri d’un homme. Son entêtement : l’empêcher de s’effondrer… 

Technique : fabrication en stuc et plâtre / système de fabrication de vent / Enveloppe de protection pour le public / peau en silicone de cross-dresser.

Troisième Conte : La Rencontre Interdite – création 2019

Il est un espace où personne n’avait le droit de pénétrer : le cœur du Parthénon, l’antre de la déesse Athéna. C’est la relation à la personnalisation du mythe qui m’inspire. Réveiller une sensation de la rencontre interdite dans un espace où l’on sent une présence que l’on ne peut pas voir. Être dans un espace dont on ne peut définir les limites. C’est l’envie de personnaliser la déesse Athéna sous les formes d’un corps vêtu d’une armure de glace dont on entend les pas et les morceaux de plaques de glace s’entrechoquer. Est-ce de ce corps qu’émane cette brume ? Et si s’en approcher provoquait une réaction orageuse ?

Technique : système de brouillard / fabrique de glace pour costume en glace / dispositif lumineux pour créer un orage.

Phia Ménard, 22 juin 2016  à Nantes. 

 

Distribution

Ecriture et dramaturgie : Phia MENARD et Jean-Luc BEAUJAULT

Scénographie : Phia MENARD 

Interprétation : Phia MENARD

Composition sonore et régie son : Ivan ROUSSEL

Régie plateau : Pierre BLANCHET et Rodolphe THIBAUD

Costumes et accessoires : Fabrice Ilia LEROY

Photographies : Jean-Luc BEAUJAULT

Co-directrice, administratrice et chargée de diffusion : Claire MASSONNET

Régisseur général : Olivier GICQUIAUD

Chargée de production : Clarisse MEROT

Chargé de communication : Adrien POULARD

Attachée à la diffusion : Lara CORTESI

Production : Compagnie Non Nova.

Coproduction : documenta 14 – Kassel.

La présentation de la performance dans le cadre de la documenta 14 en juillet 2017 a été possible grâce au soutien de l’Institut Français et de la Ville de Nantes.

La Compagnie Non Nova – Phia Ménard est conventionnée et soutenue par l’État – Préfète de la région des Pays de la Loire – direction régionale des affaires culturelles, la Ville de Nantes, le Conseil Régional des Pays de la Loire et le Conseil Départemental de Loire-Atlantique. Elle reçoit le soutien de l’Institut Français et de la Fondation BNP Paribas.

La Compagnie Non Nova – Phia Ménard est artiste associée à l’Espace Malraux Scène nationale de Chambéry et de la Savoie et au TNB, Centre Européen Théâtral et Chorégraphique de Rennes.

 

Photos

Vidéo

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